Ouvrir un compte bancaire en 2025 : pourquoi la sécurité devient le premier critère

Face à l’explosion des cyberattaques visant les établissements financiers français, l’ouverture d’un compte bancaire ne se résume plus à comparer les frais ou les services. En 2025, la protection des données personnelles et financières s’impose comme un enjeu majeur pour les particuliers. Entre multiplication des incidents informatiques et renforcement des normes de sécurité, comment choisir un établissement fiable pour confier ses finances ?

Par la rédaction, publié le 13 janvier 2025

Le secteur bancaire français traverse une période de turbulences inédites sur le front de la cybersécurité. Selon l’Agence européenne pour la cybersécurité (ENISA), près de 46 % des cyberattaques ciblant le secteur financier européen entre janvier 2023 et juin 2024 ont visé des banques. En France, cette menace n’a jamais été aussi pressante : le World Cybercrime Index 2025 place l’Hexagone en tête du classement européen des pays les plus touchés par les cyberattaques, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Une menace omniprésente qui bouleverse le paysage bancaire

Les chiffres donnent le vertige. L’ENISA a recensé 488 incidents de cybersécurité dans le secteur financier sur dix-huit mois, provoquant des perturbations de service dans 277 cas. Les techniques d’attaque se sophistiquent : rançongiciels, hameçonnage augmenté par intelligence artificielle, exploitation de vulnérabilités des systèmes d’information. Un professionnel de la cybersécurité bancaire interrogé à Paris confie : « Les clients ne se rendent pas compte que lorsqu’ils consultent leur application bancaire, des dizaines de systèmes de protection travaillent en coulisses. La moindre faille peut exposer des milliers de comptes. »

Cette réalité transforme radicalement la démarche d’ouverture de compte bancaire. Là où les particuliers comparaient autrefois les frais de tenue de compte ou la gratuité des cartes, ils doivent désormais évaluer les dispositifs de sécurité mis en œuvre par les établissements. L’authentification forte, le chiffrement des données, la surveillance continue des transactions suspectes : autant de critères techniques qui pèsent dans la balance au moment de ouvrir facilement un compte bancaire.

Le règlement DORA impose de nouvelles garanties aux banques

Depuis janvier 2025, le règlement européen DORA (Digital Operational Resilience Act) oblige tous les établissements financiers à renforcer leur résilience opérationnelle face aux menaces informatiques. Cette directive impose aux banques de déployer des stratégies de cybersécurité robustes, de mettre en place des outils de gestion des incidents et de tester régulièrement leur capacité à résister aux attaques. Pour les particuliers, cette évolution règlementaire constitue une garantie supplémentaire : les établissements doivent désormais prouver qu’ils peuvent maintenir leurs services essentiels même en cas d’incident majeur.

La Banque de France surveille attentivement ces risques. Dans son Rapport sur la stabilité financière de juin 2025, l’institution souligne que « l’Agence européenne pour la cybersécurité a mis en évidence que les établissements bancaires constituent des cibles privilégiées ». Le nombre de cyberattaques s’est certes stabilisé au niveau mondial en 2024, mais « la menace persiste » selon les autorités.

Parcours dématérialisé : entre facilité et vigilance accrue

La digitalisation des services bancaires a révolutionné l’ouverture de compte. Plus besoin de se déplacer en agence : quelques minutes suffisent pour ouvrir facilement un compte bancaire depuis son smartphone. Vérification d’identité par reconnaissance faciale, signature électronique, envoi de justificatifs photographiés : le parcours s’est considérablement simplifié.

Mais cette dématérialisation expose aussi à de nouveaux risques. Les cybercriminels développent des malwares spécifiquement conçus pour intercepter les codes de validation par SMS ou générer de fausses pages de connexion. Un expert en sécurité informatique basé à Lyon explique : « Les attaquants exploitent les autorisations accordées aux services d’accessibilité sur les smartphones. Ils peuvent ainsi exécuter des commandes à distance, naviguer dans les applications et remplir des formulaires à l’insu de l’utilisateur. »

Les bons réflexes pour sécuriser son compte dès l’ouverture

Avant de finaliser l’ouverture d’un compte, plusieurs vérifications s’imposent. Les établissements bancaires proposent désormais systématiquement l’authentification forte, qui combine plusieurs facteurs de sécurité : mot de passe, code temporaire par SMS, reconnaissance biométrique. Cette mesure, obligatoire depuis la directive européenne sur les services de paiement, constitue le premier rempart contre les accès frauduleux.

Les conseillers bancaires insistent également sur l’importance de personnaliser les alertes dès l’activation du compte. Notification pour chaque transaction au-dessus d’un certain montant, alerte en cas de connexion depuis un nouvel appareil, blocage automatique des paiements à l’étranger : ces paramétrages permettent de détecter rapidement toute activité suspecte. Un cadre bancaire parisien témoigne : « Les clients qui activent ces notifications détectent les tentatives de fraude en moyenne trois fois plus vite que les autres. »

Accompagnement et conseil : des atouts face à la complexité

Face à la sophistication croissante des menaces, l’accompagnement proposé par les établissements bancaires prend une dimension stratégique. Les conseillers jouent un rôle pédagogique essentiel, expliquant les différents niveaux de protection disponibles et guidant les clients dans leurs premiers pas sur les outils digitaux. Cette médiation humaine reste précieuse même à l’ère du tout-numérique.

Certains établissements proposent des offres de bienvenue incluant des formations gratuites à la cybersécurité bancaire. Ces sessions abordent les techniques d’hameçonnage les plus courantes, les gestes à adopter en cas de doute sur une communication prétendument bancaire, ou encore la gestion sécurisée des applications mobiles. Un responsable de la relation client à Marseille observe : « Les clients qui suivent ces formations réduisent considérablement leur exposition aux tentatives de fraude. »

Comparaison des garanties : un exercice désormais incontournable

Comparer les offres bancaires ne se limite plus aux aspects tarifaires. Les particuliers doivent désormais examiner les protocoles de sécurité, les délais d’intervention en cas d’incident, les modalités de remboursement en cas de transaction frauduleuse, ou encore les assurances incluses dans les formules de carte bancaire. Les établissements les plus transparents publient leurs statistiques de sécurité et détaillent leurs dispositifs de protection.

La réactivité du service client constitue également un critère déterminant. En cas de suspicion de piratage, pouvoir joindre immédiatement un conseiller et faire opposition sur son compte peut limiter considérablement les dégâts financiers. Les établissements proposant une assistance téléphonique 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 se démarquent sur cet aspect.

Vigilance permanente : la sécurité ne s’arrête pas à l’ouverture

L’ouverture d’un compte bancaire sécurisé n’est qu’une première étape. Les particuliers doivent maintenir une vigilance constante : mise à jour régulière de l’application mobile, changement périodique des mots de passe, méfiance face aux communications non sollicitées. Les établissements envoient régulièrement des alertes de sensibilisation à leurs clients, détaillant les nouvelles techniques de fraude détectées.

À l’heure où 84 % des Français équipés de smartphones ont téléchargé l’application de leur banque principale, la question n’est plus de savoir si l’on sera confronté à une tentative de fraude, mais quand. Dans ce contexte, choisir un établissement bancaire revient à sélectionner un partenaire de confiance capable de protéger durablement son patrimoine financier et ses données personnelles.